Mercredi 30 septembre 2009
3
30
/09
/Sep
/2009
10:30
18 mètres. C’est la hauteur à laquelle culminait la statue du RX-78-2 Gundam, érigée dans le parc de Shiokaze à Tokyo, de mi-juin à
fin août, pour commémorer les trente ans d’une saga qui a marqué – et marque toujours – l’animation japonaise de son empreinte. Quoi de mieux qu’un meccano géant pour saluer ce qui fait désormais
partie intégrante du patrimoine culturel nippon ?
Le 07 avril 1979 est une date à marquer d’une pierre blanche. Ce jour-là, le premier
contact s’effectua entre les japonais et une série d’un nouveau type, qui allait à la fois bouleverser ce qui se faisait communément dans le paysage de la japanime et offrir à cette dernière l’un
de ses plus fameux réprésentant.
Ceci, nous le devons à un homme, Yoshiyuki TOMINO. S’il est parvenu à révolutionner un genre dans son entier en passant du Super Robot
au Real Robot, c’est en partie grâce à son parcours. En effet, en 1963, à l’issue de ses études, il rentra chez Mushi Production, qui n’était rien de moins que le studio de Osamu TEZUKA, ce qui
l’amènera à travailler sur Astro Boy en tant que storyboarder et scénariste. En 1975, il réalisera sa première série de mecha avec Brave Raideen pour le compte de Nippon Sunrise (Rebaptisé
Sunrise depuis 1988, ce studio produit tout ce qui est estampillé Gundam depuis l’origine.). Trois ans plus tard, il s’attelle enfin à Mobile Suit (MS) Gundam.
Si cet anime a eu une telle onde de choc, c’est parce que TOMINO voulait clairement créer quelque chose de différent. Dans cette
optique, il prit tout d’abord le parti de conférer à son robot un aspect humanoïde : le RX-78-2 Gundam possède une anatomie proche de la nôtre et il se bat au moyen d’armes telles qu’un
fusil ou un sabre laser, d’où une dimension plus « humaine » de la machine. De plus, le mecha ne sort pas de nulle part, il a été pensé par des ingénieurs et construit par des ouvriers,
au lieu de nous venir du fin fond de l’espace. Enfin, les protagonistes et le scénario bénéficient d’un traitement particulier que TOMINO a mûrement
élaboré comme en témoigne ses romans publiés à posteriori. Sur ces trois points, le décalage avec le reste de la production de l’époque est palpable.
Par la suite, Yoshiyuki TOMINO continuera de veiller sur son bébé, de près ou de loin. L’univers Gundam va s’étoffer et s’articuler
entre plusieurs ères, à savoir l’Universal Century (UC), le Future Century (FC), l’After Colony (AC), l’After War (AW), le Correct Century (CC), la Cosmic Era (CE) et l’Anno Domini (AD). On
dénombre ainsi sept périodes auxquelles se rattachent un nombre variable de séries TV, OAVs et longs-métrages. Ces ères n’ont aucun rapport entre elles, si ce n’est qu’elles partagent deux thèmes
récurrents : la dénonciation de la guerre et le respect des différences. Mobile Suit Gundam véhicule en somme un message pacifiste et tolérant. En définitive, malgré la richesse de
l’ensemble, un fil conducteur qui n’est pas d’ordre scénaristique lie chaque composante de la saga.
Depuis 2002 et MS Gundam Seed, la franchise a renoué avec le succès, ce qu’a confirmé MS Gundam 00 en draînant un public pour partie
très peu familier de Gundam voire des mechas en général. Quoiqu’il en soit, il est à déplorer que ce regain d’intérêt ne se traduise pas par une meilleure connaissance de l’univers global.
L’adaptation prochaine de MS Gundam Unicorn en OAVs y remédiera peut-être, l’action prenant place dans l’UC, l’ère originelle et de loin la plus aboutie de toutes.
« Un oeil dans le rétro » va par conséquent revenir sur chaque
pan de cette grande épopée afin que celle-ci t'apparaisse plus familière.